La salle de cinéma de l’Institut Français de Kinshasa/Halle de la Gombe accueille ce samedi 03 octobre à 16h00, le film d’animation et drame « Wardi ». Cette projection à entrée libre qu’offre l’IFK, est un film retraçant le drame dans le camp des réfugiés palestiniens à Beyrouth.

Ce film de marionnettes du réalisateur norvégien Mats Grorud, met en avant une jeune réfugiée plongée dans l’histoire de sa famille qui, vit depuis trois générations, dans un camp de réfugiés à Beyrouth.

Qu’à y penser, l’on imagine avec quel soin artisanal les marionnettes de ce film d’animation ont été élaborées dans le studio français Foliascope : les rides des personnes âgées creusées, les yeux étonnés des jeunes ciselés en bille de verre, les tenues en tissu confectionnées, les baraques du camp fabriquées, etc.

Au delà de l’histoire de cette jeune réfugiée palestinienne vivant dans le camp beyrouthin de Bourj El-Barajneh, il y a l’émotion visuelle que procure le film partagé entre esthétique naïve et rigueur documentaire.

Publiée par Ciel-Bleu Actu sur Samedi 3 octobre 2020

A en croire lemonde.fr, dans cette fiction, le réalisateur norvégien s’est largement inspiré du quotidien des habitants non seulement puisque sa mère était infirmière dans des camps de réfugiés au Liban, dans les années 1980 mais aussi puisque plus tard, lui-même était devenu étudiant à l’université américaine de Beyrouth où il ne s’est pas empêché de donner des cours d’anglais et d’animation et de travailler dans une école du camp de Bourj El-Barajneh.

Mats Grorud, réalisateur du film wardy

L’on peut donc comprendre que ce film engagé, entremêle témoignages et récits de vie recueillis tout au long des expériences de Mats Grorud.

Deux espaces-temps

A travers le regard d’une jeune fille, cet ovni jeune public (à partir de 10 ou 11 ans) plonge dans l’histoire de la famille de Wardi : celle-ci a été chassée de son village en 1948, au moment de la création de l’Etat d’Israël. Depuis lors, elle est installée dans le camp. A chaque nouvelle génération, on a rajouté un étage aux baraques de fortune.

Dans ce délabrement urbain, à 11 ans, Wardi réalise que son arrière-grand-père adoré, Sidi, a perdu la joie de vivre. Le vieil homme a compris qu’il ne reverra jamais sa maison, dont il confie la clé à Wardi. Malade, il préfère renoncer à ses soins et utiliser l’argent pour payer les études de son arrière-petite-fille. Celle-ci cherche à lui rendre un peu d’espoir.

« Fouille la maison ! En espoir, on s’y connaît », lui suggère avec humour sa grand-mère. C’est ainsi que Wardi se met à discuter avec son grand-père, son grand-oncle, sa tante, etc., pour comprendre d’où elle vient, elle et les siens. Le grand-père, quand il était jeune, a fait partie de groupes de résistants armés. Il a tenté de retrouver sa maison mais il a échoué…

Le film bascule dans deux espaces-temps : les personnages du passé sont dessinés, ceux du présent restent des marionnettes. L’histoire est rude, certes, mais visuellement, Wardi est nettement moins agressif qu’un blockbuster avec ses monstres destructeurs. L’héroïne porte en elle toute la poésie, la curiosité et les promesses de l’enfance.

Blaise Puala

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