Des incontournables Léonora Miano et Fatou Diome aux premiers romans d’auteurs sénégalais, rwandais ou ougandais, tour d’horizon des livres qui racontent le continent.

L’Afrique et les auteurs qui en sont issus s’imposent dans une rentrée littéraire 2019 davantage dédiée aux nouvelles plumes et plus resserrée que d’ordinaire. Si le passé et l’actualité du continent sont au cœur de nombre de romans, l’amour et le récit intime occupent également une belle place. Tour d’horizon en cinq incontournables et cinq découvertes. De Djibouti à Alger, de l’Ouganda du XVIIIe siècle à l’Afrique unie du XXIIe siècle.

CINQ INCONTOURNABLES

Léonora Miano – Bienvenue à Katiopa

Très attendu, le nouveau roman de Léonora Miano figure dans la première sélection du prix Goncourt, dévoilée mardi 3 septembre. Utopie politique et histoire d’amour éblouissante, Rouge impératrice nous emmène au XXIIe siècle dans une Afrique unifiée et florissante. Autarcique, Katiopa a créé son propre idéal qui allie traditions, technologie et écologie. Mais tout se fissure quand le chef de la fédération tombe amoureux d’une femme à la peau rouge ; une universitaire subversive, car trop proche des Fulasi, ces migrants européens venus trouver refuge à Katiopa mais qui refusent de s’intégrer.

L’écrivaine franco-camerounaise signe son roman le plus ambitieux, tant par son ampleur que par la force de ses idées. Les malaises de notre époque y sont scrutés depuis l’Afrique, où se dessinent d’autres possibles. De nouvelles manières de faire de la politique et de penser l’économie, l’éducation ou l’identité.

  • Nathacha Appanah – Les liens du sang

Après le succès de Tropique de la violence,en 2016, sur l’île française de Mayotte, la romancière Nathacha Appanah, originaire de Maurice, renoue avec un sujet qui l’occupe depuis toujours : la famille. L’amour que l’on essaie de se donner, le mal que l’on se fait et les traumatismes que l’on se transmet malgré nous.

Porté par une écriture d’orfèvre, Le Ciel par-dessus le toit est en lice pour les prix Goncourt et Renaudot. Il nous plonge dans la tragédie de Phénix et ses deux enfants, Loup et Paloma. Le fils est en prison pour avoir causé un accident de voiture en tentant de rejoindre sa sœur. Leur mère leur a donné des noms d’animaux pour les protéger ; elle s’est choisi celui d’un oiseau qui renaît de ses cendres. Car avant, Phénix était une mini-Lolita, enfant adorable exposée sur scène par ses fiers parents. Puis elle s’est enfuie.

Illuminé par cette héroïne à la fois punk et antique, le nouveau roman de Nathacha Appanah progresse par blocs d’émotions et de rêveries. Et infuse en nous, puissamment.

Des incontournables Léonora Miano et Fatou Diome aux premiers romans d’auteurs sénégalais, rwandais ou ougandais, tour d’horizon des livres qui racontent le continent.

De gauche à droite et de haut en bas : Fatou Diome, Léonora Miano, Abdourahman Waberi, Nathacha Appanah et Kaouther Adimi.
De gauche à droite et de haut en bas : Fatou Diome, Léonora Miano, Abdourahman Waberi, Nathacha Appanah et Kaouther Adimi. AFP – Mariap201 / Creative Commons

L’Afrique et les auteurs qui en sont issus s’imposent dans une rentrée littéraire 2019 davantage dédiée aux nouvelles plumes et plus resserrée que d’ordinaire. Si le passé et l’actualité du continent sont au cœur de nombre de romans, l’amour et le récit intime occupent également une belle place. Tour d’horizon en cinq incontournables et cinq découvertes. De Djibouti à Alger, de l’Ouganda du XVIIIe siècle à l’Afrique unie du XXIIe siècle.

CINQ INCONTOURNABLES

  • Léonora Miano – Bienvenue à Katiopa

Très attendu, le nouveau roman de Léonora Miano figure dans la première sélection du prix Goncourt, dévoilée mardi 3 septembre. Utopie politique et histoire d’amour éblouissante, Rouge impératrice nous emmène au XXIIe siècle dans une Afrique unifiée et florissante. Autarcique, Katiopa a créé son propre idéal qui allie traditions, technologie et écologie. Mais tout se fissure quand le chef de la fédération tombe amoureux d’une femme à la peau rouge ; une universitaire subversive, car trop proche des Fulasi, ces migrants européens venus trouver refuge à Katiopa mais qui refusent de s’intégrer.

L’écrivaine franco-camerounaise signe son roman le plus ambitieux, tant par son ampleur que par la force de ses idées. Les malaises de notre époque y sont scrutés depuis l’Afrique, où se dessinent d’autres possibles. De nouvelles manières de faire de la politique et de penser l’économie, l’éducation ou l’identité.

Rouge impératrice, de Léonora Miano, Grasset, 608 pages, 24 euros.

Pour aller plus loin : Léonora Miano décale le regard avec « Rouge impératrice »
  • Nathacha Appanah – Les liens du sang

Après le succès de Tropique de la violence,en 2016, sur l’île française de Mayotte, la romancière Nathacha Appanah, originaire de Maurice, renoue avec un sujet qui l’occupe depuis toujours : la famille. L’amour que l’on essaie de se donner, le mal que l’on se fait et les traumatismes que l’on se transmet malgré nous.

Porté par une écriture d’orfèvre, Le Ciel par-dessus le toit est en lice pour les prix Goncourt et Renaudot. Il nous plonge dans la tragédie de Phénix et ses deux enfants, Loup et Paloma. Le fils est en prison pour avoir causé un accident de voiture en tentant de rejoindre sa sœur. Leur mère leur a donné des noms d’animaux pour les protéger ; elle s’est choisi celui d’un oiseau qui renaît de ses cendres. Car avant, Phénix était une mini-Lolita, enfant adorable exposée sur scène par ses fiers parents. Puis elle s’est enfuie.

Illuminé par cette héroïne à la fois punk et antique, le nouveau roman de Nathacha Appanah progresse par blocs d’émotions et de rêveries. Et infuse en nous, puissamment.

Le Ciel par-dessus le toit, de Nathacha Appanah, Gallimard, 128 pages, 14 euros.

Son précédent roman : Nathacha Appanah a mal à Mayotte
  • Fatou Diome – Les revenants du « Joola »

Dans la nuit du 26 septembre 2002, le ferry qui assurait la liaison entre Dakar et Ziguinchor, en Casamance, sombrait, entraînant la mort de près de 2 000 passagers. Dix-sept ans après, le drame du Joola hante encore le Sénégal.

Fatou Diome s’empare de cette tragédie en suivant le deuil de Coumba, dont le mari a péri dans le naufrage. Elle vit sur l’île de Sangomar, qui, selon la religion sérère, abrite les âmes des défunts et les réunions des génies. Un soir, ces derniers se présentent à Coumba et lui racontent ce qu’il est advenu des morts du Joola.

On retrouve dans Les Veilleurs de Sangomar le lyrisme de Fatou Diome et son talent pour décrire des destins brisés qui ont fait le succès du Ventre de l’Atlantique.

  • Abdourahman Waberi – Un enfant de Djibouti

Après deux livres inspirés par les trajectoires du chanteur Gil Scott-Heron (La Divine Chanson) et du philosophe Walter Benjamin (Passage des larmes), Abdourahman Waberi revient sur son enfance à Djibouti dans un livre intime, en lice pour le prix Renaudot.

Son titre, Pourquoi tu danses quand tu marches ?, fait écho à une question posée par sa fille sur le chemin de l’école maternelle. C’est que l’écrivain, également chroniqueur au Monde Afrique, boîte depuis l’enfance. Tandis qu’il réfléchit à une réponse, jaillissent les souvenirs d’une enfance marquée par une bonne aimante, une mère distante et une grand-mère autoritaire, ainsi que de truculents personnages.

Si le récit du jour où il s’est blessé à la jambe et n’a pas été soigné dit tout de la précarité dans laquelle il a grandi, Abdourahman Waberi retient que cet accident a changé son destin. Il s’est accroché à l’école, aux mots et aux rimes. La littérature est devenue son potomitan, le poteau central qui le soutient quand il écrit et danse – ce qui représente pour lui une seule et même chose.

  • Kaouther Adimi – Les rebelles du terrain vague

D’aucuns qualifieront de visionnaire le quatrième roman de l’Algérienne Kaouther Adimi, en lice pour le prix Renaudot. Les Petits de Décembre imagine en effet la rébellion des habitants d’une cité à l’ouest d’Alger – des jeunes, des anciens et même une ex-moudjahida –, qui s’unissent contre des militaires omnipotents prêts à faire main basse sur un terrain vague dont ils ont fait leur aire de jeux. De quoi évoquer le mouvement de protestation actuel, qui a débuté en mars contre une énième candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle.

A partir d’un soulèvement qui peut sembler anecdotique, Kaouther Adimi raconte dans un style simple la corruption ordinaire. Et met au jour le fossé qui sépare les jeunes Algériens, convaincus qu’ils n’ont rien à perdre, de la génération de leurs parents, demeurés trop longtemps silencieux, par peur ou défaitisme.

  • Jennifer Nansubuga Makumbi – Le grand roman de l’Ouganda

Ne pas réduire son pays à la période coloniale et au règne sanguinaire d’Idi Amin Dada : c’est l’engagement audacieux de l’écrivaine Jennifer Nansubuga Makumbi.

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