Hommage à mon père
Je me souviens encore de ce jour comme si c’était hier.
Quand tu es inopinément parti, tout s’est arrêté. Tout était devenu flou, incompréhensible… mais après toutes ces années, rien n’a disparu. Ton absence m’a appris ta présence autrement. Tu continues à m’enseigner même en étant loin de moi.
Ce n’est pas un adieu, c’est un silence qui parle encore.
Tu ne me parles plus à voix haute comme avant, mais j’entends encore ta voix dans les moments d’hésitation, de doute ou de fatigue. Quand je suis faible, je t’entends me dire : « Petit, tu peux le faire ».
Et quand je te réponds en pensée : « Papa, c’est difficile », tu me réponds avec calme et certitude : « Oui, je sais. Mais je sais aussi que tu peux le faire. »
Quand je réussis quelque chose, que je franchis une étape ou que je relève un défi, je t’entends me dire avec ce ton rassurant et fier que toi seul avais : « Petit, je suis fier de toi ».
Tu es parti, mais tu continues à me parler. Ce que tu m’as transmis continue désormais à agir dans le monde. Et quand le monde me félicite pour un accomplissement, je te transmets automatiquement ces félicitations en ajoutant : « Bravo Papa ».
L’énergie génératrice que tu as semée en moi semblait être partie avec toi. Et c’est ce que tu n’as pas admis.
« Petit, tu me déçois », c’est le code de motivation que tu as utilisé pour la première fois afin d’initier cette nouvelle forme de communication.
Tu n’étais pas seulement mon père.
Tu étais mon mentor.
Tu étais et tu restes un modèle pour moi.
Tu avais une connaissance rare, une sagesse dans tous les domaines de la vie, une sagesse transversale.
Pour moi, tu restes un génie inégalable.
Avec le temps, j’ai compris que l’héritage le plus précieux ne se mesure ni en biens ni en souvenirs. Il se mesure dans les gestes, les valeurs et la manière de regarder le monde. Certaines de mes décisions portent encore ton empreinte. Certaines de mes convictions sont nées dans les conversations que nous avons eues. Et lorsque je transmets à mon tour ce que tu m’as appris, je comprends que ton histoire ne s’est jamais arrêtée.
Tout ce que je suis aujourd’hui, je le dois à toi. Je le suis parce que j’ai grandi sur tes épaules.
Je marcherai toujours dans tes traces, comme un bon élève suit les pas de son maître.
Et tant que je vivrai, ton héritage vivra en moi. Tu seras toujours fier de moi.
Les années passent, mais certains liens échappent au temps. Ils ne disparaissent pas ; ils changent simplement de forme. Ce qui nous reliait hier par la parole nous relie aujourd’hui par la mémoire. Ce qui nous reliait par la présence nous relie désormais par la confiance que tu as déposée en moi.
Non, la mort n’exclut pas l’amour. Elle le transforme.
Ainsi, je continue à t’aimer en silence, dans mes choix, dans mes décisions, dans mes luttes… et dans mes victoires.
Merci d’être toujours près de moi, cher Papa. Je t’aime !
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📝 Texte initialement publié en 2013 à la suite du décès de mon père et repris en 2025 dans le cadre des archives personnelles de Ciel Bleu.
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